Ateliers Psychosomatiques

Corps & Racines

en mixité choisie

cercle réservé aux personnes conditionné.e.x.s /touché.e.x.s par la discimination raciale ou l'altérisation (16+) – espace confidentiel, respectueux et sécurisant

Pourquoi?

Le racisme peut prendre de nombreuses formes : exclusion, altérisation, stigmatisation, exotisation, micro-agressions, infantilisation, remise en question de sa légitimité ou assignation à une origine. Ces expériences, répétées et souvent banalisées, peuvent s’inscrire progressivement dans notre manière de nous percevoir, dans nos relations aux autres et dans notre corps, avec des effets sur notre santé psychique et physique.

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Comprendre comment le racisme s’inscrit dans nos vécus — exclusion, altérisation, micro-agressions, stigmatisation, exotisation, infantilisation

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Mettre des mots sur ce que l’on vit et mieux comprendre ses réactions face aux situations de racialisation.

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Comprendre les mécanismes de survie du corps : se battre, fuir, se figer ou s’adapter pour se protéger.

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Explorer les effets du racisme sur le corps, les émotions et le système nerveux, notamment lorsque l’exposition est répétée.

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Identifier les croyances et stratégies d’adaptation qui peuvent se construire au fil des expériences et parfois limiter notre liberté d’être et d’agir.

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Déconditionner progressivement le corps en explorant des pratiques et des exercices pour retrouver davantage de sécurité, de présence et de pouvoir d’agir.

Qu'est-ce qu'un atelier psychosomatique ?

Le corps et la psyché sont intimement liés. Nos expériences de vie, et notamment celles qui nous confrontent au danger, à l'insécurité ou à la menace, ne laissent pas uniquement des traces psychologiques : elles influencent également notre corps et notre système nerveux. Nos perceptions et nos manières d'entrer en relation avec le monde s'inscrivent ainsi dans ces deux sphères, de manière étroitement liée.

Les travaux de Peter Levine et de Bessel van der Kolk ont contribué à mettre en lumière les liens entre les expériences traumatiques, les réactions du système nerveux et leurs manifestations corporelles. Face à une situation perçue comme dangereuse, notre organisme mobilise des mécanismes de protection et d'adaptation qui nous permettent de faire face, de nous défendre ou de préserver notre sécurité. Ces réponses, essentielles à notre survie, peuvent toutefois persister au-delà de la situation initiale. Elles peuvent alors continuer à influencer nos réactions, nos croyances, nos comportements et nos relations, même lorsque le contexte a changé.

Notre corps et notre psyché peuvent ainsi conserver des traces de nos expériences passées. Certaines situations présentes peuvent réactiver des réponses apprises auparavant, parfois de manière automatique, sans que nous en ayons pleinement conscience.

Ces mécanismes ne se développent pas dans un vide social. Ils sont également façonnés par notre environnement, nos relations, notre histoire familiale et les rapports de pouvoir auxquels nous sommes confronté·es. C'est notamment le cas des expériences liées au racisme et à l'altérisation.

Les traces psychosomatiques du racisme

Les expériences de discrimination raciale, de micro-agressions, de stigmatisation, d'exotisation ou de violences racistes peuvent affecter profondément notre sentiment de sécurité et notre rapport à nous-mêmes et aux autres. Lorsqu'une personne est régulièrement perçue comme différente, ramenée à ses origines ou à son apparence, ou confrontée à des situations dans lesquelles elle se sent exclue, jugée ou menacée, elle peut développer des stratégies d'adaptation pour anticiper les réactions de son environnement et se protéger.

Cela peut se manifester, par exemple, par une vigilance accrue, une difficulté à se sentir pleinement à sa place, une tendance à anticiper le rejet, un besoin de se conformer aux attentes dominantes ou, au contraire, un réflexe de retrait face à certaines situations. Ces réactions ne sont ni des faiblesses ni des défauts individuels : elles peuvent avoir constitué, à un moment donné, des réponses nécessaires pour préserver sa sécurité, son intégrité ou son appartenance.

Dans son livre Les mains de ma grand-mère, Resmaa Menakem explore notamment la manière dont le racisme et les violences historiques s'inscrivent dans les corps et influencent nos réactions, nos relations et nos héritages collectifs. Son travail invite à considérer le racisme non seulement comme un phénomène social et politique, mais également comme une expérience susceptible de laisser des traces corporelles et émotionnelles, qui se transmettent et se reproduisent parfois au fil des générations.

Ces mécanismes concernent les personnes qui subissent le racisme, mais aussi celles qui ont été socialisées dans des environnements où les représentations racistes, les rapports de domination et les réflexes d'exclusion ont été appris, intériorisés ou normalisés. Comprendre ces processus permet d'aborder les effets du racisme sans réduire celui-ci à une question de comportements individuels, et sans perdre de vue les structures sociales dans lesquelles ces comportements prennent forme.

Les ateliers psychosomatiques autour du racisme et de l'altérisation

Les ateliers psychosomatiques proposés offrent un espace pour explorer les liens entre nos expériences de vie, nos réactions corporelles, nos émotions et les croyances que nous avons développées au fil de notre parcours, en particulier en lien avec le racisme et l'altérisation.

Ils invitent à prendre conscience des mécanismes de protection et d'adaptation que nous avons construits face à des expériences répétées ou ponctuelles de discrimination, de rejet, de stigmatisation ou de mise à l'écart. Ils permettent également d'explorer la manière dont ces expériences ont pu influencer notre perception de nous-mêmes, notre rapport aux autres, notre sentiment de légitimité et notre capacité à nous sentir en sécurité.

Une attention particulière est portée aux personnes qui ont grandi ou évolué dans des environnements où elles ont été régulièrement perçues comme « autres ». Cette altérisation peut prendre des formes diverses, de l'exotisation à la stigmatisation, en passant par des expériences de discrimination et de violence. Si ces expériences ne produisent pas toutes les mêmes conséquences, elles peuvent néanmoins influencer durablement la manière dont une personne se perçoit, se protège et se positionne dans le monde.

Les ateliers prennent également en compte la dimension transgénérationnelle de ces expériences. Nos réactions et nos représentations ne sont pas uniquement façonnées par notre vécu personnel : elles s'inscrivent aussi dans des histoires familiales, des mémoires collectives, des expériences héritées et des stratégies de survie transmises d'une génération à l'autre. Explorer cette dimension permet de mieux comprendre certains mécanismes qui nous traversent, sans pour autant considérer que tous les héritages se transmettent de la même manière ni que nos trajectoires sont déterminées par notre histoire.

L'objectif n'est pas de nier les effets du racisme, de minimiser les discriminations vécues ou de demander aux personnes touchées de mieux tolérer des situations injustes. Il s'agit, au contraire, de reconnaître pleinement ces expériences tout en créant un espace pour comprendre leurs effets et retrouver progressivement davantage de liberté dans nos réponses au présent.

En développant une meilleure conscience de nos réactions corporelles, de nos émotions et de nos automatismes, nous pouvons apprendre à distinguer ce qui relève d'un danger actuel, ce qui réactive une expérience passée et ce qui peut être transformé dans notre manière de réagir. Il ne s'agit pas de supprimer nos mécanismes de protection, qui restent parfois indispensables, mais de pouvoir les reconnaître, les comprendre et, lorsque cela est possible, ne plus en être entièrement guidé.e.x.s.

Ces ateliers visent ainsi à soutenir le bien-être, le sentiment de sécurité et la capacité d'agir des personnes dont le vécu a été façonné par le racisme et l'altérisation. Ils proposent un cheminement vers une relation plus consciente à soi-même, à son corps et aux autres, afin de pouvoir répondre aux situations présentes de manière plus libre, plus ajustée à ses besoins et plus fidèle à ce que l'on souhaite pour soi.

Déroulement

L’atelier est divisé en deux parties. Vous êtes libre de refaire la deuxième partie autant de fois que vous le souhaitez.

Partie théorique

Une partie théorique pour comprendre comment le racisme et les expériences de racialisation peuvent agir sur le corps, les émotions et la psyché, à travers notamment les microagressions, les mécanismes de survie, le trauma transgénérationnel et les réponses du système nerveux.

Partie pratique

Une partie pratique pour mettre en lien corps, émotions et croyances, explorer les traces laissées par les expériences de discrimination raciale et expérimenter des outils psychosomatiques à travers des exercices, le mouvement, la respiration et le partage en groupe.

Prochain atelier

A venir 

Ateliers passés 2026

Genève

28 février 2026 · 14h–18h
AfrikaLAB, Rue des Grottes 32, 1201 Genève

Fribourg

14 mars 2026 · 14h–18h
Dans le cadre de la Semaine d’actions contre le racisme
MIS 10, salle 1.16, Université de Fribourg, Rue de Rome 1, 1700 Fribourg

Genève

28 mars 2026 · 14h–18h
À l’occasion de la Semaine contre le racisme
AfrikaLAB, Rue des Grottes 32, 1201 Genève

Genève

25 avril 2026 · 14h–18h
Maison internationale des associations (MIA), Rue des Savoises 15, 1205 Genève

Yverdon-les-Bains

9 mai 2026 · 14h30–18h30 (en savoir plus )
Dans le cadre de Parlons du racisme
Maison Pré-du-Canal, Rue des Moulins 115c, 1400 Yverdon-les-Bains